Souvenir Marrakech : le guide pour bien choisir ou fabriquer le vôtre

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Vous êtes debout au milieu du souk, le dernier jour de votre séjour, et votre valise est toujours vide de ce souvenir de Marrakech qui vous ressemble vraiment. Autour de vous, les étals débordent de babouches, de tapis, de lanternes et de poteries, et chaque vendeur jure que son prix est « le meilleur, juste pour vous ». Difficile de faire le tri entre le vrai coup de cœur artisanal et l’objet en plastique fabriqué à l’autre bout du monde. Ce guide répond à une question simple : quel souvenir ramener de Marrakech pour qu’il vaille vraiment le voyage, où et combien l’acheter sans vous faire avoir, et comment négocier en ayant une idée des prix. Et si l’envie vous prend d’aller plus loin, on vous montre aussi comment fabriquer votre souvenir de vos propres mains, dans l’atelier d’un artisan à Marrakech. Direction les souks.

Quel souvenir ramener de Marrakech ? Nos incontournables

Entre les étals des souks et les vitrines des boutiques de la médina, il y a de quoi passer des heures à hésiter. Voici les souvenirs qui reviennent le plus souvent dans les valises.

Le cuir marocain : babouches et maroquinerie

Les babouches sont sans doute le souvenir marocain par excellence : ces chaussons en cuir souple, à bout pointu ou rond, existent dans une grande variété de couleurs et de styles. Comptez généralement entre 100 et 250 MAD pour une paire artisanale en cuir véritable de bonne qualité, et entre 250 et 500 MAD, voire davantage, pour des modèles brodés à la main ou confectionnés dans un cuir haut de gamme. Dans les zones très touristiques, une babouche artisanale en cuir véritable se vend rarement à moins de 120 MAD ; un prix nettement inférieur doit inciter à vérifier attentivement la qualité du cuir. Pour les sacs, ceintures et poufs, prenez le temps d’observer la matière : le cuir véritable présente généralement un grain naturel, de légères irrégularités, une texture souple et une odeur caractéristique, tandis que le cuir synthétique est souvent plus uniforme, plus lisse et peut dégager une légère odeur de plastique ou de produits chimiques.

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Poteries et céramiques : de la tasse à thé au tajine décoratif

Les tajines décoratifs, tasses à thé et petits bols en céramique comptent parmi les souvenirs les plus faciles à transporter (et à caser dans la valise). Comptez généralement entre 30 et 150 MAD pour une pièce simple, entre 100 et 500 MAD pour une pièce décorative plus travaillée, tandis que les créations véritablement artisanales et imposantes, signées d’un maalem, peuvent dépasser 1000 MAD. La poterie marocaine change de visage selon les régions : le bleu emblématique de Safi, le vert caractéristique de Tamegroute, les céramiques raffinées de Fès ou encore les poteries berbères en terre rouge aux motifs géométriques. À Marrakech, vous trouverez principalement des pièces provenant de ces grands centres de production, revendues dans les souks, les boutiques d’artisanat et certaines coopératives.

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Épices, safran et huile d'argan

Impossible de repartir sans un sachet de ras el hanout, ce mélange d’épices dont la composition varie selon les régions et les marchands, et qui peut réunir une vingtaine d’ingrédients, voire davantage. Comptez généralement entre 10 et 20 MAD pour 100 g dans les souks, selon la qualité du mélange. 

Le safran, souvent originaire de Taliouine, est l’une des épices les plus précieuses du Maroc. Comptez environ 30 à 50 MAD le gramme pour un safran de bonne qualité, tandis que les meilleurs crus peuvent dépasser 80 à 100 MAD le gramme. Un prix anormalement bas doit éveiller les soupçons : il s’agit souvent de carthame (« safran bâtard ») ou d’un produit de qualité inférieure. 

Même vigilance pour l’huile d’argan. Il existe deux types : l’huile culinaire, obtenue à partir d’amandons légèrement torréfiés, au goût de noisette, et l’huile cosmétique, extraite d’amandons non torréfiés, destinée aux soins de la peau et des cheveux. A noter : il n’existe pas de coopératives fabriquant de l’huile d’argan à Marrakech et sa région, car l’arganier n’y pousse pas : si on vous affirme le contraire, c’est sûrement une arnaque. Pour savoir où acheter de la vraie huile d’argan à Marrakech, reportez-vous au paragraphe plus bas. L’huile d’argan coûte cher : comptez entre 600 et 800 MAD le litre. Une huile proposée à un prix anormalement bas peut être diluée avec d’autres huiles végétales ou ne pas être 100 % pure. 

Enfin, si vous rapportez de l’huile ou du miel chez vous, n’oubliez pas que les flacons de plus de 100 ml devront être placés en soute.

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Pâtisseries marocaines : le souvenir qui se mange et qui se congèle

Les pâtisseries marocaines comptent parmi les souvenirs préférés des voyageurs : elles se dégustent dès le retour, se partagent facilement et se conservent ou se congèlent très bien. La corne de gazelle (kaab el ghzal), fourrée à la pâte d’amande et parfumée à la fleur d’oranger, ainsi que la chebakia, ce gâteau en forme de fleur enrobé de miel et de graines de sésame, figurent parmi les grands classiques des pâtisseries marocaines. Comptez généralement entre 35 et 60 MAD le kilo pour des gâteaux secs, entre 80 et 100 MAD pour des sablés ou des gâteaux aux cacahuètes, et entre 120 et 200 MAD pour des gâteaux aux amandes.

Privilégiez les pâtisseries artisanales à fort débit, où les produits sont régulièrement renouvelés et conservés à l’abri de la chaleur. La corne de gazelle voyage très bien dans une boîte rigide et se conserve environ une à deux semaines dans une boîte hermétique. Toutes les pâtisseries marocaines se congèlent très bien (décongélation à température ambiante).

Côté crêpes marocaines, les msemens et les baghrirs (mille trous) constituent aussi d’excellents souvenirs gourmands : ils supportent très bien la congélation pendant un à deux mois et retrouvent leur moelleux après quelques minutes à la poêle.

Enfin, pensez à rapporter un pot d’amlou, la célèbre pâte à tartiner marocaine préparée à base d’amandes torréfiées, d’huile d’argan et de miel. Comptez environ 100-120 MAD pour un pot de 250 g (60-70 MAD pour la version aux cacahuètes). Il est normal que l’huile remonte naturellement à la surface : il suffit de bien mélanger avant dégustation.

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Tapis, textiles et lanternes

Un tapis berbère fait main constitue l’un des plus beaux souvenirs que l’on puisse rapporter du Maroc, mais aussi l’un des plus variés. Comptez environ 600 à 1 500 MAD pour un petit kilim (tapis plat), tandis qu’un authentique tapis Beni Ouarain en laine débute généralement autour de 3 000 MAD et peut dépasser 10 000 MAD pour les grandes pièces. D’autres styles emblématiques, comme les tapis Azilal, Taznakht ou Zanafi, séduisent par leurs motifs et leurs couleurs propres à chaque région. Prenez le temps de visiter une coopérative de tissage ou un atelier d’artisans : vous pourrez observer les techniques de fabrication, mieux comprendre ce qui justifie le prix d’une pièce et comparer la qualité des laines et du tissage. 

Les lanternes marocaines en fer forgé, en laiton ou en verre coloré sont également très appréciées. Comptez environ 80 à 200 MAD pour un petit modèle, 200 à 500 MAD pour une lanterne de taille moyenne et jusqu’à 1 500 MAD, voire davantage, pour les grands modèles entièrement réalisés à la main. Avant d’acheter, comparez plusieurs pièces : soulevez-les pour évaluer leur poids, vérifiez la qualité des découpes, des soudures et l’ajustement des vitres. Une lanterne plus lourde et bien finie sera généralement plus solide et plus durable.

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Où acheter vos souvenirs à Marrakech ? Souks, boutiques et coopératives

Savoir où acheter votre souvenir Marrakech est souvent la clé pour ne pas vous faire arnaquer. Voici comment vous repérer entre souks, boutiques et coopératives pour trouver le bon souvenir de Marrakech au bon endroit.

Les souks de la médina

Les souks de Marrakech sont traditionnellement organisés par métiers, même si les spécialités se sont aujourd’hui quelque peu mélangées. Le Souk Semmarine, principale artère commerçante, est idéal pour les textiles, les vêtements traditionnels et une grande variété d’objets artisanaux. Le Souk Smata est réputé pour ses babouches, le Souk Cherratine pour ses articles en cuir et le Souk Haddadine pour son travail du métal, notamment les lanternes et les objets en fer forgé. 

Pour les épices, le safran et les plantes aromatiques, dirigez-vous vers Rahba Kedima ou le Souk Attarine, deux des secteurs les plus réputés de la médina. Nous vous conseillons d’acheter vos épices non pas dans les herboristeries pour touristes (où vous les paierez très cher sans que la qualité ne soit au rendez-vous), mais plutôt dans les petites épiceries où vont les locaux.

En ciblant directement les quartiers spécialisés, vous pourrez comparer plus facilement la qualité des produits et les prix proposés par plusieurs artisans. Si possible, venez de préférence le matin, lorsque les ruelles sont plus calmes et que les vendeurs prennent davantage le temps d’échanger avec les visiteurs. 

Bon à savoir : Les souks sont un véritable labyrinthe. Si vous repérez une boutique qui vous plaît, enregistrez sa position sur votre téléphone ou notez un point de repère (fontaine, fondouk ou place) avant de poursuivre votre visite. Cela vous évitera bien des détours si vous souhaitez revenir acheter plus tard.

Boutiques et coopératives : prix fixes, qualité garantie

Si le marchandage n’est vraiment pas votre truc, plusieurs boutiques et coopératives de Marrakech proposent des prix fixes. L’Ensemble Artisanal, situé avenue Mohammed V, à quelques minutes à pied de Jemaa el-Fna, est un complexe consacré à l’artisanat marocain, soutenu par les institutions chargées de promouvoir les métiers d’art. Il réunit des dizaines d’artisans proposant cuir, poterie, bijoux, tapis, travail du bois et du métal, avec des prix généralement affichés. Même si vous prévoyez ensuite de négocier dans les souks, un premier passage vous permettra de mieux évaluer les niveaux de qualité et les prix pratiqués.

Pour les produits du terroir et les cosmétiques, huile d’argan, huile d’olive, miel, amlou ou soins naturels, APIA Marrakech, dans le quartier de Guéliz, est une adresse réputée pour ses prix affichés et ses produits issus de coopératives marocaines.

Enfin, les coopératives artisanales, notamment celles spécialisées dans le tissage, offrent généralement une meilleure traçabilité des produits tout en contribuant à une rémunération plus directe des artisanes, mais se situent souvent en dehors de la ville.

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Négocier sans se faire avoir

Au Maroc, négocier au souk n’a rien d’agressif, c’est une danse codifiée, souvent accompagnée d’un thé à la menthe. Quelques règles simples : commencez autour du tiers, voire de la moitié du prix annoncé, et négociez progressivement à partir de là. Comparez le même article dans plusieurs échoppes avant de vous décider. Restez détendu et souriant, ce n’est pas un rapport de force. Si le prix vous semble trop élevé, un simple « bezzaf » (littéralement « trop », sous-entendu trop cher), accompagné d’un sourire, suffit généralement à relancer la discussion. Et si le vendeur refuse votre offre, ce n’est pas grave : un « chokrane » (merci) suffit pour repartir en bons termes, ou pour revenir plus tard avec une meilleure proposition.

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Le souvenir de Marrakech que vous fabriquez vous-même

Il y a une autre façon de ramener un souvenir de Marrakech : ne pas l’acheter, mais le fabriquer vous-même, aux côtés d’un artisan qui vous ouvre les portes de son atelier. C’est ce que proposent Les Petites Expériences, avec deux ateliers, l’un dédié au bijou, l’autre au cuir.

L'atelier bijoux avec Hamid, maître bijoutier

À deux pas du musée Dar El Bacha, dans un ancien caravansérail qui abrite encore aujourd’hui plusieurs artisans, Hamid vous accueille dans son atelier de bijouterie, une histoire familiale transmise depuis cinq générations. Autour de son établi, il vous guide pas à pas dans la création de votre propre bijou en laiton (boucles d’oreilles, pendentif ou bague selon les modèles du moment) : traçage, sciage, limage, assemblage. Pas besoin d’avoir déjà tenu une lime, Hamid vous accompagne à chaque étape, le tout ponctué d’un thé à la menthe et de quelques anecdotes sur son parcours. Vous repartez avec un bijou 100% unique, façonné de vos propres mains, un souvenir de Marrakech qu’aucune boutique ne pourra jamais vous vendre.

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L'atelier cuir avec Youssef, artisan maroquinier

Dans l’atelier cuir Marrakech, à quelques pas de la place Jemaa el-Fna, en plein souk, Youssef perpétue un savoir-faire familial autour du cuir marocain. L’atelier commence par la découverte des peaux, de leurs textures et des techniques de teinture et d’assouplissement utilisées depuis des générations, autour d’un thé, bien sûr. Vient ensuite le choix du modèle et de la couleur (rouge cerise ou marron glacé, à vous de voir), puis la fabrication : traçage, découpe, assemblage, collage, jusqu’aux finitions que Youssef assure lui-même pour éviter les accidents de doigts mal placés. Résultat : un objet en cuir 100% fait main, à votre image, avec la possibilité de repartir aussi avec des sandales ou un blouson achetés directement à l’atelier, sans le moindre risque de vous faire arnaquer.

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Vous voilà armé pour repartir avec un vrai souvenir Marrakech, pas un gadget en plastique acheté dans la panique du dernier jour. Que vous choisissiez un tajine peint à la main, une paire de babouches bien négociée, une boîte de chebakia ou un bijou façonné de vos propres doigts chez Hamid, chaque objet raconte désormais une histoire précise : la vôtre. Et cette histoire, vous pouvez continuer à l’écrire en réservant l’un des ateliers artisanaux à Marrakech : le souvenir le plus réussi est souvent celui qu’on a fabriqué soi-même.

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